16.6.11

A propos de ... "Tomboy" (suite) # par Fernand Estèves



Un point de vue en sous-plomb ?

Les réalisateurs français sont souvent accusés de filmer en surplomb, surtout lorsqu'il s'agit d'enfants ou d'adolescents. L'adulte metteur en scène - filmeur arrange une réalité du haut de son statut. Tomboy n'est effectivement pas dans cette posture et tente de proposer une approche "à hauteur d'enfants". Pour ma part, je trouve que c'est raté et que cela ressemble à un point de vue en sous-plomb. Nul besoin de contre-plongée pour construire un tel glissement. Ce n'est pas technique, c'est simplement émotionnel. La réalisatrice va chercher des sensations qu'elle manipule au gré de sa propre quête. Je ne dis pas ici qu'elle manipule Laure-Michaël. Je dis qu'elle va chercher avec détermination ce qu'il lui faut donner à voir. Et cela me gêne parce que les ficelles sont invisibles et fluorescentes à la fois.

Fernand Estèves
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Fernand Estèves est délégué général de l'UFFEJ.
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A propos de ... "Tomboy" (suite) # par Perrine Boutin


Un film "à hauteur d'enfants"

C'est ce non-dit (voir l'article de Fernand Estèves) qui m'a fait du bien. C'est un film "à hauteur d'enfants". La scène où les filles mangent des pâtes et les parents parlent de façon quasi inaudible de "trucs chiants" comme diraient les enfants, est remarquable sur ce point : on est dans l'univers des enfants. Les adultes sont des figurants incapables de comprendre les enfants, jouant au mieux leur rôle. Les enfants, sans parole ("infans"), qui ne peuvent dire ce qu'ils ont à dire, qui ne savent peut-être pas ce qu'ils veulent dire : "action ou vérité ?" est le jeu auquel ils jouent au début. Et l'adolescence qui arrive en courant chez cette jeune fille, lorsque, lors de la dernière scène, celle de la réconciliation, qui pourrait paraître regrettable ("happy end") mais qui ne l'est pas à mon sens puisqu'elle ouvre vers la parole justement.

Perrine Boutin
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Perrine Boutin est universitaire et membre du comité de rédaction de 0 de Conduite.
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A propos de ... "Tomboy" # par Fernand Estèves



L'ultra-sensibilité comme manière du non-dit

"Tomboy" est sans conteste un film singulier où l'ultra-sensibilité pourrait désarçonner toute approche rationnelle. La réalisatrice présente une fille qui voudrait être un garçon comme les autres. D'ailleurs, l'univers de ces gamins ici dépeints est parfaitement mis en scène : jeux de ballon, baignade, simples discussions... Je me laisse prendre par ce naturel pour de faux. C'est plaisant, mais il y a quelque chose qui cloche. D'abord, les parents ne sont pas crédibles tellement ils sont spectateurs du film qui se focalise sur la fille. La mère fait semblant d'être enceinte ou d'être en colère et cela se voit vraiment beaucoup ; et le père fait semblant de rien, même quand il prend sa fille dans ses bras, et cela crève l'écran. Ensuite, il y a cet habitat tellement vide de sens que le déménagement tout neuf ne peut pas tout expliquer.


Restent les enfants ! Qui cherchent parfois la caméra pour lui faire un clin d'oeil ou une grimace. Et surtout, je vois cette gamine qui n'est pas à l'aise avec son corps et ses mots. J'avoue que je ne me suis pas posé la question de l'homosexualité pendant la projection. Ni même du mensonge. Juste la question du non-dit : Laure ne dit pas. Et là encore, je cherche ce qu'elle ne dit pas. C'est étrange, il me reste le goût d'un film qui ne dit pas ce qu'il aurait voulu dire. Je ressens encore comme une impasse.

Fernand Estèves
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Fernand Estèves est
délégué général à l'UFFEJ
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A propos de ... "Tomboy" # par Perrine Boutin



La première chose à dire, qui compte beaucoup dans l'appréciation d'un film : j'ai découvert Tomboy dans de bonnes conditions, à l'occasion d'une projection-débat organisé par Cinémas 93, au Magic Cinéma. J'ai attendu cette soirée pour le voir, j'en attendais beaucoup. Je n'ai pas été déçue, parce qu'il a quand même réussi à me surprendre, malgré les louanges qui m’avaient été données t’entendre.

Tomboy raconte l’histoire de Laure, une petite fille qui arrive dans un nouveau quartier, en pleines grandes vacances. Elle fait d’abord la connaissance de Lisa, qui, la prenant pour un garçon, le présente comme tel aux autres enfants du quartier.

Le jeu de la jeune fille, Laure devenue Michael, presque sur-joué, comme le sont les « garçons manqués », la finesse des dialogues, les plans très beaux, où nous sommes littéralement plongés dans « notre » préadolescence, sans caricature, la lumière du film, tout est là, avec simplicité. Nous vivons de l’intérieur le drame de cette jeune fille.

Ce qui prouve la force de ce film est la différence d’interprétations entre un spectateur qui voit les prémices de la construction de l’homosexualité chez Laure et Lisa, l’autre qui pense que tout repose sur le fait de ne pas vouloir mentir à Lisa qui la prend pour un garçon et que cette volonté de ne pas faire perdre la face (ou la fierté d’être pris pour un garçon), l’embarque dans un chemin inextricable.

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Perrine Boutin est universitaire et membre du comité de rédaction de 0 de Conduite.
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8.6.11

Une rétrospective des films de Jean Pierre Thorn à Marseille


« Se révolter, filmer »
Une rétrospective des films de Jean Pierre Thorn
Du 15 au 25 juin 2011 à Marseille
CRDP - Polygone Etoilé - Le Merlan - Frais Vallon - La Busserine

The B-Side œuvre depuis 10 ans à la transmission de la culture Hip hop. Basée à Marseille, l’association a développé une connaissance du terrain qui lui permet de mettre en évidence la vivacité de cette culture contemporaine, riche de sens, porteuse de lien social de rêve et d'imaginaire.

Du 15 au 25 juin 2011, The B-Side présente une rétrospective des films du réalisateur Jean-Pierre Thorn.

Au cœur des luttes ouvrières de 68 et jusque dans les années 80, Jean Pierre Thorn raconte de l'intérieur, à travers le documentaire et la fiction, la réalité du monde ouvrier. De films en films, suivant la réalité sociale et politique du pays, c'est dans l'univers des grandes banlieues, qu'il retrouve les révoltes d'hier et dans la culture HipHop et ses militants qu'il rencontre la créativité combative d'une nouvelle génération.

Se révolter en 68, se rebeller en 2011, à l'occasion de la sortie de son dernier film « 93 la belle rebelle », revoir l'ensemble du travail de cet infatigable militant sera l'occasion de faire apparaître un parcours cinématographique étonnamment cohérent.

Au programme : Sept soirées de projections (dont une en plein air) suivies de débats avec le réalisateur et des intervenants, une séance spéciale dans un collège et rencontre avec des artistes.

Le Festival d'Annecy bat son plein


Il vous reste jusqu'au 11 juin pour découvrir la nouvelle édition du Festival international du film d'animation d'Annecy !

Résolument tournée vers l’avenir, cette édition nous promet, une fois encore, d’être extravagante, déroutante, pleine de surprises et donc haute en couleurs !
Annecy, c’est un succès jamais démenti d’année en année... En effet, le nombre de films soumis augmente : ainsi, en 2011, quelque 1 986 films toutes catégories ont été inscrits et visionnés par les comités de sélection.


Rendez-vous sur le site du festival pour connaître la programmation détaillée des 500 films projetés, des expositions, des conférences, des débats, des rencontres... et faites comme nous, rejoignez-les sur leur page Facebook !


Des cours d'analyse filmique en ligne !



Le cours en ligne d'initiation au vocabulaire de l'analyse filmique mis en place par Centre Images, l'Agence Régionale du Centre pour le Cinéma et l'Audiovisuel, et dont nous vous avions déjà parlé sur ce blog, est désormais achevé.

En accès libre et gratuit, le cours propose près de 50 vidéos, 40 exercices interactifs et plus de 130 extraits de films pour apprendre à analyser les images.

Découvrez ce site sans attendre, et n'hésitez pas à nous donner votre avis sur cet outil dans les commentaires, ou si vous le souhaitez, dans un article que nous publierons sur le blog (à envoyer à contact(a)uffej.net).


7.6.11

Du 6 au 11 juin- 19ème Festival Le Court en dit long



« Le Court en dit long » est, depuis 1987, le nom du catalogue annuel des courts métrages belges francophones édité par le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Communauté française de Belgique. Depuis 1993, il est aussi le nom du Festival annuel organisé par le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris.

Films de fin d’études à l’INSAS, l’IAD ou La Cambre, fictions, animations et films expérimentaux : le court métrage reste innovant en Wallonie-Bruxelles. Cette année, sur la centaine de courts métrages soumis à la sélection, nous en avons retenu trente-quatre en compétition, présentés en six programmes.

En outre, le festival propose aussi deux programmes Hors compétition : un programme constitué de films d’école et d’ateliers et le second, en partenariat avec le Festival international du film francophone de Namur (FIFF), un florilège de clips-vidéos réalisés entre 2008 et 2010 par des cinéastes belges pour des chanteurs ou groupes belges.

Les membres du jury 2011 sont: Fabienne Godet (auteur et réalisatrice), Véronique Heuchenne (scripte), Marie Kremer (actrice), Karim Leklou (acteur) et Donald James (critique). Ils remettront quatre Prix : le Grand Prix, le prix du Scénario et les Prix d’interprétation.

Forum avec les équipes, dès le mardi 7 juin, de 19h45 à 20h15 : rencontres avec les réalisateurs et leurs équipes, dans le foyer.

Ciné+ attribuera un Prix Cinécourts ; Be-TV, RTBF-La Deux et Critikat.com remettront leurs Prix « Coup de cœur ». Les votes du public désigneront le Prix du Public.

Téléchargez le programme et retrouvez toutes les informations pratiques sur le site du festival.

Lancement de la campagne 100% Educ'Pop


Les associations d’éducation populaire lancent leur campagne de communication 100 % EDUC’ POP’ et leur site internet : www.educ-pop.org, à l'initiative du Cnajep (Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire), ses 73 membres (dont la Ligue de l’Enseignement, Les Scouts et Guides de France, ATD Quart-Monde, Le Secours populaire, la JOC, la Fage, l’UNEF, l’UCPA, les fédérations des MJC...) et les Crajep au niveau régional.

La campagne 100 % EDUC' POP' vise à faire mieux connaître la diversité, la vivacité, l’inventivité et la modernité de leurs actions, en montrant leurs apports fondamentaux à la société : lien social, citoyenneté, diversité sociologique, mixité intergénérationnelle, ancrages territoriaux.


Grâce à une géo-localisation des associations d'éduc' pop' et à un agenda de leurs événements, le site www.educ-pop.org permettra à toute personne de trouver les activités répondant à ses aspirations et proches de son lieu de vie.
Il sera également un centre de ressources sur l’histoire, les valeurs et les fondements de l’éducation populaire et un espace de téléchargement pour toutes les associations désireuses d’utiliser et d’imprimer les outils de communication de la campagne (plaquettes, autocollants, affiches, etc.).

Enfin, pour repérer les structures d'éducation populaire près de chez soi, un écusson avec le logo 100 % EDUC' POP' sera apposé à l'entrée des milliers de lieux proposant des activités relevant de ce secteur.