20.4.11

De retour des toiles filantes 2011 - Pessac


Pessac, Gironde, et une 7e édition du Festival de cinéma jeune public : LES TOILES FILANTES.
Un thème : en avant la musique !

Du 13 au 17 avril, il fait très beau et pourtant beaucoup de spectateurs au rendez-vous...
L'affiche est superbe. Plus de 20 films programmés, une compétition d'inédits, des animations... et un accueil. Un accueil !!!

Ici, un tel festival, c'est un point d'orgue pour valoriser un travail à l'année.
Un festival pour rappeler, encore et toujours, la nécessité d'une action culturelle vers le jeune public.

En séance d'ouverture, il fallait bien commencer par « La Flûte enchantée » d'Emanuele Luzzati et Giulio Glanini. Puis revoir « Une vie de chat » pour rencontrer le compositeur de la musique du film : Serge Besset. Ou encore se laisser tenter par « Expérience africaine » afin d'échanger avec son réalisateur : Laurent Chevallier. Ce dernier ayant choisi de nous convier aux échanges entre des collégiens de Marciac, épanouis dans un établissement musical unique en France, avec de fameux musiciens guinéens dont la virtuosité n'a d'égale que leur simplicité.

Voici les « Symphonie Magique », « Goshu le violoncelliste », « Pierre et le loup », « Chantons sous la pluie », « Swing », « L'enfant au violon », « Une nuit à l'opéra »...

Et un film en compétition qui reste gravé : « Le fusil de Lala » de Ning Jingwu.


Tourné avec ses propres deniers, le réalisateur nous conte la vie d'un garçon appartenant à l'ethnie chinoise Miao, au coeur des montagnes du Guizhou. Ce qui aurait pu donner une mièvrerie folklorique sans aucun intérêt est en fait un petit joyau de sensibilité. Le spectateur se fait happer par le parcours initiatique de ce garçon de 15 ans qui veut devenir un homme alors que son père est parti depuis très longtemps et que sa mère l'a laissé avec sa grand-mère dans ce village où les coutumes priment sur toute forme de modernité.
Selon le rite, Lala devrait recevoir son fusil par son père. Alors comment faire ? Lala part donc à la recherche de celui-ci... pour devenir un homme, lui aussi. Oui, c'est un truc vieux comme le monde. Mais le réalisateur ne prétend pas à autre chose que de nous raconter un bout d'humanité. On se demande même comment Ning Jingwu a réussi à poser sa caméra avec tant de délicatesse parmi des vrais gens (on dirait amateurs) aussi affairés à vivre leur propre vie, loin des turpitudes urbaines.
En discutant avec Marie-Claire Kwo, directrice du Centre de Documentation sur le Cinéma Chinois, qui défend de longue date ce film inédit en France et qui a même signé son adaptation française, on comprend le défi relevé par un réalisateur accompli choisissant de rendre hommage aux Miao de Biasha. 7 millions de personnes qui sont en train de se faire broyés par le développement de la grande nation qui compte aujourd'hui 1,3 milliards.



LE PALMARES

PRIX DU JURY OFFICIEL
Film : LES COULEURS DE LA MONTAGNE
De Carlos César Arbeláez - Colombie - 2010 - 1h33 – VOSTF – à partir de 10 ans

PRIX DU JURY ACPA
Film : MAUDITE PLUIE
De Satish Manwar - Inde – 2009 – 1h40 - VOSTF – à partir de 12 ans

PRIX DU JURY CME (CONSEIL MUNICIPAL DES ENFANTS) PESSAC
Film : MAIMAI MIRACLE
De Sunao Katabuchi - Film d’animation - Japon - 2009 - 1h33 – VOSTF – à partir de 6 ans

PRIX DU JURY DES JEUNES DE PESSAC
Film : LES COULEURS DE LA MONTAGNE
De Carlos César Arbeláez - Colombie - 2010 - 1h33 – VOSTF – à partir de 10 ans

PRIX DU JURY DE LA CHATAIGNERAIE
Film : LE FUSIL DE LALA
De Ning Jingwu - Chine – 2008 – 1h43 – VOSTF – à partir de 9 ans
Mention spéciale : LES COULEURS DE LA MONTAGNE

PRIX DU JURY DES JEUNES DE MERIGNAC
Film : LES COULEURS DE LA MONTAGNE
De Carlos César Arbeláez - Colombie - 2010 - 1h33 – VOSTF – à partir de 10 ans

PRIX DU PUBLIC
Film: KINSHASA SYMPHONY
De Claus Wischmann et Martin Baer - Film documentaire - Allemagne – 2010 – 1h35 – VOSTF – à partir de 9 ans

14.4.11

Photos du tournage du court métrage "Chassé-Croisé"



Le tournage du court métrage d'Olivier Mitterrand, "Chassé-Croisé", réalisé dans le cadre du projet de l'UFFEJ "Expression citoyenne" s'est terminé le 10 avril.

Ce deuxième week-end de tournage s'est déroulé entre la place René Coty à Gonesse et la forêt de Montmorency.

Découvrez les photos du tournage :


Si vous souhaitez découvrir les différentes étapes du projet :
article présentant le film écrit suite aux ateliers

Nous vous donnons maintenant rendez-vous à la rentrée, pour la sortie du film qui sera projeté en avant-première au Cinéma Jacques-Prévert de Gonesse.

13.4.11

A propos de ... "La ballade de l'impossible" # par Bernard Ninot



Adaptant un roman à succès japonais de Huraki Murakami, Tran Anh Hung démontre une nouvelle fois une virtuosité et une mise en scène efficace.
Watanabe est le témoin de l’amour de son ami Kizube et de Naoko. Ces trois s’entendent bien, et quand Kizuki se suicide, Watanabe ne comprend pas… Quelques mois plus tard, dans ce Japon agité de la fin des années 60, il retrouve Naoko… Ils se revoient plusieurs fois, s’épuisant l’un l’autre dans des marches forcenées. Un soir d’anniversaire ils couchent ensemble… puis Naoko disparait, laissant Watanabe perplexe. Il rencontre alors Midori, une jeune fille qui ne demande qu’à l’aimer. Naoko donne de ses nouvelles, elle s’est recluse dans un Hôpital perdue dans les montagnes dont elle ne veut pas sortir…Watanabe veut connaître son secret terrible.

Tran Anh Hung aborde cette dramaturgie avec simplicité et rythme. Cela est important car nous pourrions être très facilement mis dans une ambiance romantique empreinte de non-dits, d’incompréhension existentielle, digne de Lamartine ou de Keats ! Non, le film, et sans doute le roman, appellent un chat un chat ! Nous sommes dans l’ère du romantisme réaliste. Le film nous emporte dans cette lutte à trois voix : comment aimer, Puis-je aimer… Aimer étant à prendre dans tous les sens du terme.
Certains ont parfois critiqué Tran de proposer des films trop éthérés, de sensible à sensiblerie, il n’y avait qu’un pas ! La ballade de l’impossible est une œuvre qui les mettra d’accord. La mise en scène virtuose propose des plans sophistiqués mais la caméra sait s’arrêter quand il le faut. Elle n’est jamais trop proche dans l’intimité et respecte les personnages ainsi que les spectateurs. Cet opus rythmé, j’insiste sur ce terme, aux personnages attachants prend une trajectoire adulte et tendre.

La ballade de l’impossible
De Tran Anh Hung
Japon/2h13
avec Rinko Kikuchi, Kenichi Matsuyama, Kiko Mizuhara et Kengo Kôra








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A propos de ... "Winter's Bone" # par Bernard Ninot



Déjà remarqué et récompensé par des prix (awards, festival de Sundance et nomination aux Oscars), Winter’s Bone est un des films majeurs de ce début d’année que je vous invite à découvrir.

Nous sommes dans le Sud du Missouri près de l’Arkansas (prononcé Arkansa) chez les rejetés de l’Amérique. Les blancs, ou rednecks proches de la misère… et pas seulement financières, vivant avec un horizon limité.
Les filles font des enfants mais elles ne comptent pas, seuls les mâles ont de l’importance, les garçons vivent de combines et trafics en tous genres…
Un des leurs a failli… il a disparu, s’il ne se présente pas au tribunal, sa caution devra être remboursée, la justice saisira ses biens et la famille, constituée d’une jeune fille, d’une mère perdue dans ses rêves et deux jeunes enfants, sera expulsée… Ree Dolly, sa fille, part à la recherche de son père pour éviter le pire… sa quête essentielle de survie enfreint la loi du silence…

Le Cinéma américain est toujours capable de nous surprendre, loin des comédies sentimentales ou drames paranoïaques de complots internationaux ou nationaux, ce film déploie une mise en scène tendue qui suit la « jeune fille courage » qui n’a pas d’autres issues que de trouver son père même au péril de sa vie.
Le film est baigné d’une double empreinte, celle la musique de la région, du country mélancolique, et celle des habitants, des taiseux qui savent que parler signifie déjà une compromission avec le pouvoir quel qu’il soit, police ou celui de l’ombre… Alors ils préfèrent survivre dans la loi du silence… Seules les femmes peuvent faire bouger les choses, elles le font lentement avec obstination.

La metteur en scène a choisi son casting avec soin, beaucoup de troisième ou quatrième rôles ont été choisis dans la population locale. Jennifer Lawrence est Ree Dolly, la jeune fille courage, et elle le fait bien !

Un mot encore, même bardé de prix et de recommandations d’une presse avisée (télérama, France Culture) ce film est passé presque inaperçu du public ! Demander à vos amis des cinémas de le programmer !



Winter’s bone
De Debra Granik
USA /1h40
avec Jennifer Lawrence, John Hawkes



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8.4.11

Les prochaines projections de 93 la Belle Rebelle, de Jean-Pierre Thorn



Cliquez sur l'image pour la voir en grand

6.4.11

Ateliers au Festival de Jeunesse de Dole


En juillet dernier, lors de leur 10e édition, le Festival de Jeunesse de Dole proposait quatre ateliers "Pour faire du cinéma comme des grands!" afin de réaliser ses films comme les grands, et le découvrir en le pratiquant.

Ces ateliers encadrés par des professionnels, ont permis aux enfants à partir de 8 ans de s'initier au maquillage-effets spéciaux, à l'illustration sonore d'un film mais aussi à toutes les tâches qui permettent de réaliser leur propre création, de l'écriture au montage final.

Le 24 juillet, le Cinéma Le Studio diffusait les créations réalisées au cours des trois semaines de festival. Nous vous les présentons ainsi que le making of de l'un des courts métrages, que nous avons découvert sur la chaîne Youtube de la MJC de Dole.











Nous vous tiendrons informé de la programmation, actuellement en cours, de la 11e édition du Festival.

4.4.11

Expression citoyenne : le tournage a commencé



Le premier week-end de tournage du court métrage "Chassé Croisé", dans le cadre du projet de l'UFFEJ "Expression citoyenne" mis en œuvre par le cinéaste Olivier Mitterrand, vient de s'achever.


Dans ce film, les jeunes ont pour habitude de se retrouver à bord d’un minibus stationné dans la quartier de la Fauconnière de Gonesse. Le véhicule, parfois à l’arrêt, parfois en mouvement devient la scène principale où ces jeunes s’amusent, viennent oublier et décharger leurs angoisses. Se trouvent mêlés l’insouciance de leur jeunesse, facette vivante et visible d’eux-mêmes et leur regard sur un monde adulte, un lendemain qu’ils idéalisent individuellement, anxieux de ce qui les attend. Ils se jouent perpétuellement de l’instant présent. L’action collective et l’écoute de l’autre s’effacent alors par leur choix de se raconter.

Les improvisations, de plus en plus dirigées par le metteur en scène, participeront à la part fictionnelle du film et nous amèneront à douter de la parole des jeunes comme de celle de la caméra. Tout le film s’inscrit en hui clos, dans le minibus, un espace fermé, restreint obligeant à une certaine contorsion du corps. Provoquant un désir de fuite, contraignant la caméra à un rapport de force entre les moments posés et les accélérations mouvementées.
Au final sera composé, après post-production, un film court métrage d’une trentaine de minutes. Intégrant des fragments visuels et sonores des différentes étapes de ce projet ainsi que les séquences improvisées.






L’équipe de tournage est composée de techniciens professionnels du cinéma habitué au tournage en décor réel :
Chef opérateur : Sara Cornu
Ingénieur du son : Pierre Bompy
Machiniste : en cours de recrutement
Comédien (et aide technique): Olivier Wittner
Assistant chargé du plateau : Jérémy Badji
Organisation générale : Elsa Matocq (Adjointe à la direction artistique du cinéma Jacques-Prévert en charge des actions jeune public - UFFEJ)
Réalisateur : Olivier Mitterrand

Des jeunes de l’atelier de réalisation sont présents pour aider dans certaines tâches et assister l’équipe technique sur les tâches les moins difficiles.

La deuxième partie du tournage se déroulera le week-end prochain.

Une journaliste de l'Humanité suit l'équipe durant le tournage, et a assisté aux ateliers préparatoires. Une double-page sera consacrée au projet et aux jeunes. Nous vous tiendrons bien évidemment informé de la parution de ce numéro.